11 janvier 2009

Les légendes bretonnes.

Les légendes bretonnes    On dit que le golfe du Morbihan serait né des larmes abondantes que les fées auraient versées lorsqu'elles furent contraintes de quitter l'Armorique. Sur cette mer nouvelle, elles jetèrent ensuite leurs couronnes de fleurs, qui se changèrent en îles. La plus belle dériva vers le large : c'est Belle-Île. La Bretagne est belle. Si belle qu'elle a été créée par des fées. Et qu'elle est terre de légendes.    Un pays de pierres vivantes    Menhirs et dolmens se dressent sur le sol breton. Une tradition ancienne assure que les mégalithes poussaient autrefois comme des plantes dans les champs jusqu'au jour où les prières avaient arrêté net leur croissance. Ces pierres magiques font partie intégrante des récits et des chansons de geste celtes, comme la grande pierre que l'on peut voir au cœur de la forêt de Brocéliande et dans laquelle Merlin l'enchanteur est endormi depuis mille ans. Au fond de la fontaine de Margatte se trouverait une pierre blanche, la pierre du déluge, qui déclenchera l'inondation du pays entier si on la sort de l'eau. Quant à la pierre de la fin du monde, elle se trouve à Dol-de-Bretagne : il s'agit du menhir de granit rose du Champ-Dolent, qui disparaît progressivement dans la terre. Cinq mètres seraient déjà enfoncés sous terre et la tradition assure que la fin du monde interviendra lorsque la pierre sera totalement ensevelie.    Un pays de trésors cachés    Les huit menhirs de Plouhinec vont boire l'eau de la rivière d'Etel une fois tous les cent ans, la première nuit de l'année. On peut alors, dit la tradition, s'emparer des trésors cachés sous leurs pieds le reste du temps. Mais il faut faire vite pour ne pas être broyé par les pierres à leur retour ! Nombreuses sont les légendes d'or et de pierreries dissimulées par les menhirs. Ceux de Kergonnec dans les Côtes-d'Armor en cacheraient aussi sous leurs socle de pierre. Le trésor est parfois plus immatériel. À Plouer-sur-Rance ou à Bréhat, c'est le mariage que peut prédire la pierre. À Pleumeur-Bodou, c'est la guérison que procurent les fragments de roche broyés dans un verre d'eau.    Un pays propice aux rencontres magiques    Malheur à celui qui rencontre une biche blanche dans les forêts bretonnes : il est condamné à mourir le jour de ses noces. Les korrigans sont aussi des lutins familiers des forêts et des grèves. Ils jouent de mauvais tours, mais savent aussi offrir une poignée d'or à celui qui les rencontre. Du moins à l'innocent, car le cupide qui les cherche avec un sac ou un coffre repart les mains vides et copieusement battu ! C'est aussi en Bretagne qu'on peut rencontrer les fameuses lavandières de la nuit, celles qui viennent au lavoir laver les suaires ou les âmes des damnés entre le coucher et le lever du soleil. Elles interpellent les passants attardés et les supplient de les aider à essorer les linceuls. Malheur à celui qui tord le linge dans le mauvais sens : c'est alors son propre linceul qu'il vient de laver, pour une mort dans l'instant.    Un pays où la mort est familière    En Bretagne, le souci de la mort ne laisse jamais l'homme au repos. L'usage armoricain des ossuaires, abritant les ossements retirés du cimetière, avait un double but : conserver les restes les plus anciens mais aussi donner aux vivants une plus grande familiarité avec la mort. Autrefois, la porte du monument était toujours ouverte. Toute une littérature en est née, depuis la triste et douloureuse Complainte de l'ossuaire jusqu'à des cantiques ou des récits de veillées. Dans les légendes, le trépas n'est pas une fin mais la rencontre avec ce personnage nocturne surnaturel, ce passeur pour l'autre monde, connu sous le nom d'Ankou. Un mot qui, dans la langue bretonne, est proche d'anken (le chagrin) et d'ankoun (l'oubli).    Un pays où la mer efface le mal    Les légendes laissent moins de place à la mer qu'on ne s'y attendrait. C'est la terre, la forêt, la pierre qui ont laissé leur empreinte dans les contes celtes. Mais on trouve cependant la légende de la mer de Murin, cette grande plaine envahie par les eaux dans la vallée de la Vilaine, qui résulterait de la colère d'un moine face aux menaces guerrières de païens. Plus connue encore, la belle histoire de la ville d'Ys, noyée sous les eaux d'une gigantesque marée pour expier les péchés de ses habitants. On dit que la ville a bel et bien existé dans la baie de Douarnenez et que, lors des basses eaux, des pêcheurs aperçoivent des restes de murailles… Qui veut aller voir ?

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Commentaires sur Les légendes bretonnes.

    Bretagne, terres de contes, d'histoire et de légendes...

    Posté par unevilleunpoeme, 12 janvier 2009 à 14:35 | | Répondre
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